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✨ Le mot du président - Alzheimer : entre honte et colère ✨

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Alzheimer : entre honte et colère

Lorsque j’ai entendu mon conjoint chercher avec désarroi et inquiétude la réponse à une question aussi évidente que « dans quelle ville sommes-nous ? »… j’ai eu mal pour lui. J’aurais voulu répondre à sa place.
Donner la bonne réponse à ce médecin qui le rudoyait. Etait-ce bien un médecin d’ailleurs ?
Et pourquoi cette question idiote ? Il le sait dans quelle ville nous sommes !

Je sais bien, je comprends bien qu’il s’agit d’un « test », d’une épreuve destinée à mettre en évidence ces troubles cognitifs qui vont de pair avec la maladie.Mais je n’en peux plus de les entendre ces interrogations si banales dans leur formulation et si pétrifiantes quand on se retrouve sans voix pour y répondre.

J’ai eu mal parce que je le voyais consterné de ne pas trouver. J’ai eu mal parce que je le sentais outragé d’être sans réponse. J’ai eu mal parce que je le devinais ravagé face à un vide absolu.

Oserai-je l’avouer ? Un bref moment, j’ai même eu honte. Honte de sa défaillance….Pas honte de lui mais honte pour lui.

Je m’en suis voulue de ce sentiment que je ne peux ni ne veux éprouver… mais qui m’a brutalement envahie. J’en veux à cette maladie qui me fait voir mon compagnon sous une lumière qui n’est pas la nôtre. J’en veux à cette maladie qui le touche, lui, mais qui nous dévaste tous les deux.

Je me bats pour deux, en essayant de vivre « comme avant ».
Je me dis que c’est la seule manière de poursuivre notre chemin commun.

 

Philippe Meeus
Président d’Alzheimer Belgique